Oracle Alpha
← Retour au Quotidien

Quotidien · 28 octobre 2026

Alpha Quotidien : La RBNZ surprend, la RBA se durcit avant la Fed

Le contraste entre l'Australie et la Nouvelle-Zélande domine la séance. La RBNZ a maintenu son taux directeur à 2,75 % contre une hausse largement anticipée, tandis que l'accélération de l'inflation australienne renforce fortement la probabilité d'une nouvelle hausse de la RBA le 3 novembre.

Alpha Quotidien : La RBNZ surprend, la RBA se durcit avant la Fed
Alam Cheikh

Alam Cheikh

28 octobre 2026 · 14 minutes

Cette divergence a propulsé l'AUD/NZD vers ses plus hauts depuis 2013. Elle intervient quelques heures avant les décisions de la Banque du Canada et de la Réserve fédérale, dans un environnement toujours marqué par les prix élevés de l'énergie et les tensions au Moyen-Orient.

À retenir

RBNZ : maintien surprise à 2,75 %, décidé par quatre voix contre trois. RBA : inflation australienne à 4,3 % et inflation sous-jacente à 3,6 %, renforçant les anticipations de hausse en novembre. Polymarket : probabilité d'une hausse de 25 pb de la RBA en novembre à 90,8 %, contre 60 % pour une hausse de la RBNZ en décembre. Fed : statu quo très largement anticipé ce soir — le signal donné sur décembre sera plus important que la décision elle-même. Banque du Canada : hausse largement pricée, mais confrontée à la faiblesse de l'emploi et au caractère énergétique du rebond inflationniste. Géopolitique : la médiation régionale autour de l'Iran réduit momentanément le risque immédiat, sans apporter de résolution durable au conflit.

NZD — Une pause surprise qui fragilise le kiwi

Politique monétaire

La RBNZ a maintenu son taux directeur à 2,75 %, par quatre voix contre trois, alors qu'une hausse de 25 points de base était très largement anticipée.

La Banque reconnaît pourtant qu'un resserrement supplémentaire sera probablement nécessaire. L'inflation annuelle est revenue de 4,1 % à 3,7 % au troisième trimestre, mais les mesures sous-jacentes restent proches du sommet de la fourchette cible de 1 à 3 %. Les hausses de prix se diffusent également davantage : 56 % du panier de l'IPC progresse désormais de plus de 3 % sur un an.

La RBNZ prévoit une remontée de l'inflation à 4,4 % au quatrième trimestre, principalement sous l'effet du carburant. Le dollar néo-zélandais pondéré par les échanges a parallèlement perdu environ 3 % depuis septembre, ce qui renchérit les importations.

La majorité souhaite néanmoins évaluer les effets des hausses de juillet et septembre. Elle souligne la modération salariale, la stabilité des anticipations d'inflation et la fragilité de la consommation des ménages. La minorité considère au contraire que la persistance de l'inflation sous-jacente justifiait une hausse immédiate.

Fondamentaux

La prudence de la Banque repose davantage sur la faiblesse de la demande intérieure que sur un effondrement général de l'activité. La croissance a mieux résisté que prévu, tandis que les exportations de matières premières et le tourisme continuent de soutenir l'économie.

La RBNZ assume donc un pari : les effets indirects du pétrole et de la dépréciation du change resteront contenus suffisamment longtemps pour permettre une pause.

Polymarket attribue désormais 60 % de probabilité à une hausse de 25 pb en décembre, contre 36 % pour un nouveau statu quo. La prochaine décision officielle est prévue le 9 décembre en Nouvelle-Zélande.

Conclusion

Le statu quo n'efface pas le besoin probable de resserrement, mais il repousse le calendrier et augmente l'incertitude. La baisse du NZD peut en outre alimenter l'inflation importée, créant une boucle défavorable pour la Banque.

Biais NZD

Baissier.

AUD — L'inflation place la RBA en position de force

Politique monétaire

L'inflation australienne a accéléré à 4,3 % sur un an en septembre, contre 4,0 % en août. L'IPC a progressé de 0,8 % sur le mois, tandis que la moyenne tronquée a atteint 3,6 % sur un an.

Le rapport montre que les pressions ne se limitent pas au pétrole. Le transport progresse de 8,7 % sur un an, mais le logement atteint également 5,2 %, les loisirs et la culture 4,5 % et l'éducation 4,7 %. Le carburant a d'ailleurs été exclu du calcul de la moyenne tronquée, ce qui confirme la persistance d'une inflation plus large.

La gouverneure Michele Bullock a qualifié l'inflation de « beaucoup trop élevée » et souligné qu'il devenait difficile d'ignorer entièrement les chocs d'offre lorsque la demande intérieure reste supérieure à l'offre.

Anticipations de marché

Polymarket attribue une probabilité de 90,8 % à une hausse de 25 pb le 3 novembre, contre 8 % pour un maintien. Les estimations issues des marchés de taux citées dans les sources se situent autour de 78 % : les deux mesures ne sont pas directement comparables, mais indiquent le même repricing hawkish.

La réunion de la RBA aura lieu les 2 et 3 novembre, avec décision, nouvelles prévisions et conférence de presse le 3 novembre.

Conclusion

L'AUD bénéficie d'un double soutien : une inflation domestique plus persistante et une banque centrale moins disposée à considérer le choc énergétique comme temporaire. La divergence avec la RBNZ constitue désormais le moteur fondamental le plus clair du G10.

Biais AUD

Haussier.

USD — La Fed doit surtout guider le marché sur décembre

Politique monétaire

La Réserve fédérale doit publier sa décision ce soir à 19h00, heure de Paris, avant la conférence de presse de 19h30. Le marché anticipe très largement un maintien de la fourchette des Fed funds à 3,75-4,00 %.

La décision elle-même est presque entièrement intégrée. Le véritable enjeu sera de savoir si la Fed conserve explicitement la possibilité d'une nouvelle hausse en décembre.

Les dernières données soutiennent une posture restrictive : l'inflation reste supérieure à la cible et les commandes de biens durables ont progressé de 1,8 % en septembre. L'indice manufacturier de la Fed de Dallas a également augmenté de 9,8 à 13,4, même si les nouvelles commandes ont fortement ralenti.

Fondamentaux et marchés

Le dollar est soutenu par les rendements américains, la résilience de l'activité et le retour de l'appétit pour les valeurs technologiques. La progression simultanée des actions, du dollar et ponctuellement de l'or traduit toutefois un marché partagé entre croissance liée à l'IA, inflation énergétique et demande de couverture géopolitique.

Le positionnement paraît calme avant une décision importante : le principal risque pour le dollar serait donc une communication moins restrictive que celle actuellement intégrée.

Conclusion

Un statu quo accompagné d'un langage ferme sur l'inflation et décembre soutiendrait les rendements courts et le dollar. Une communication insistant davantage sur les risques pour l'emploi entraînerait probablement une détente des taux et une correction du billet vert.

Biais USD

Légèrement haussier.

CAD — Une décision asymétrique pour la Banque du Canada

Politique monétaire

La Banque du Canada publiera sa décision et son Rapport sur la politique monétaire à 14h45, heure de Paris. La conférence de presse commencera à 15h30.

Le marché attribue une probabilité élevée à une hausse de 25 pb, mais les économistes restent divisés. L'inflation globale est remontée à 3,1 % en septembre, principalement sous l'effet d'une augmentation de 27,8 % du prix de l'essence. Hors essence, elle ralentit à 2,2 %.

Fondamentaux

La Banque doit arbitrer entre un choc énergétique inflationniste et une économie domestique plus fragile. Le Canada a perdu 68 000 emplois en septembre et le chômage atteint 6,5 %. Les tensions commerciales avec Washington restent également un frein.

Le pétrole soutient les termes de l'échange canadiens, mais la récente détente diplomatique autour de l'Iran limite ce soutien à très court terme.

Conclusion

Une hausse étant déjà largement intégrée, elle devrait surtout soutenir le CAD si elle s'accompagne d'une guidance encore restrictive. Un statu quo constituerait une surprise beaucoup plus négative et provoquerait probablement une hausse rapide de l'USD/CAD.

Biais CAD

Neutre à légèrement haussier, conditionné à la décision.

EUR — Le choc énergétique limite le soulagement français

Politique monétaire

La BCE publiera sa décision jeudi à 14h15, suivie de la conférence de presse de Christine Lagarde à 14h45. Le maintien du taux de dépôt à 2,50 % reste le scénario central.

Fondamentaux

Le maintien de la note souveraine française Aa3 par Moody's a permis au spread OAT-Bund de se détendre. Cette amélioration reste néanmoins fragile : la perspective demeure négative et les problèmes budgétaires et politiques français ne sont pas résolus.

Dans le même temps, la remontée du gaz européen et du pétrole détériore les termes de l'échange de la zone euro. L'Europe importe une large partie de son énergie : une hausse durable des prix alimente simultanément l'inflation et affaiblit la croissance.

Conclusion

L'euro bénéficie d'un soulagement sur la dette française, mais reste exposé à la vigueur du dollar et au choc énergétique. Le ton de Lagarde déterminera si la BCE considère ce choc comme temporaire ou comme un risque plus durable pour l'inflation.

Biais EUR

Légèrement baissier.

JPY — Le pétrole et le carry dominent avant la BoJ

Politique monétaire

La Banque du Japon rendra sa décision vendredi 30 octobre. Un statu quo est largement attendu, avec une possibilité de nouvelle hausse en décembre. La conférence du gouverneur est prévue vendredi à 15h30, heure de Tokyo.

Fondamentaux

Le yen souffre de la hausse du pétrole, défavorable à une économie importatrice nette d'énergie, ainsi que du retour du carry trade. L'USD/JPY évolue autour de 158, malgré les avertissements répétés du ministère japonais des Finances.

Une hausse rapide vers 160 augmenterait le risque d'intervention verbale ou directe. Toutefois, sans surprise hawkish de la BoJ ou baisse significative des rendements américains, le différentiel de taux reste défavorable au yen.

Conclusion

La Fed constitue le premier catalyseur, avant la BoJ vendredi. Un ton restrictif de la Fed maintiendrait la pression sur le yen ; une communication plus accommodante permettrait une correction de l'USD/JPY.

Biais JPY

Légèrement baissier.

GBP — Le risque budgétaire tempère le soutien monétaire

La livre reste soutenue par les anticipations de hausse de la Banque d'Angleterre, mais le budget britannique représente un risque immédiat pour le marché obligataire.

Le gouvernement devra convaincre qu'il peut financer ses priorités sans provoquer une nouvelle remontée désordonnée des rendements. Une réaction négative des gilts pèserait sur la livre malgré les anticipations hawkish entourant la BoE.

Biais GBP

Neutre.

CHF — La demande de refuge reste en retrait

Le franc manque de catalyseur domestique et reste principalement piloté par le sentiment de risque. La médiation autour de l'Iran et la progression des marchés technologiques ont réduit la demande défensive, mais cette détente demeure réversible.

Une nouvelle escalade au Moyen-Orient ou une correction des actions liées à l'IA redonnerait rapidement du soutien au CHF.

Biais CHF

Neutre à légèrement baissier.

Hiérarchie fondamentale

Devises les mieux soutenues : AUD, puis USD. Devise conditionnelle : CAD, selon la décision de la Banque du Canada. Devises les plus vulnérables : NZD, JPY et EUR.

Paire à surveiller : AUD/NZD

L'AUD/NZD concentre la divergence la plus nette du jour : la RBNZ offre une pause surprise et un calendrier de resserrement repoussé, tandis que la RBA fait face à une inflation généralisée et une forte probabilité de hausse le 3 novembre.

Le mouvement est déjà important et peut connaître des prises de bénéfices, mais son moteur fondamental reste actif tant que les anticipations de taux continuent de diverger.

Agenda

14h45 — Banque du Canada · 15h30 — Conférence de presse de la Banque du Canada · 19h00 — Décision de la Réserve fédérale · 19h30 — Conférence de presse de la Fed · Jeudi 14h15 — Décision de la BCE · Vendredi — Décision de la Banque du Japon · 3 novembre — Décision de la RBA.


Ce contenu est fourni à titre informatif et éducatif. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni un signal de trading, ni une garantie de résultat.