La séance dépendra désormais de l'inflation européenne, de l'ADP et de l'ISM Services américain.
À retenir
Les démocrates remportent le Sénat et se rapprochent d'une majorité à la Chambre. Le DXY recule vers 101,5 tandis que les rendements américains se détendent. La BCE reçoit un signal hawkish de Joachim Nagel avant l'inflation européenne. L'AUD reste sous 0,7000 après la hausse de la RBA à 4,85 %. Le chômage néo-zélandais progresse à 5,7 % et la hausse annuelle des salaires ralentit à 2,1 %. La BoE devrait relever son taux de 3,75 % à 4,00 % jeudi.
USD — Le Congrès pèse sur le dollar
Politique monétaire
La prochaine réunion de la Fed aura lieu les 8 et 9 décembre. Les contrats à terme intègrent environ 19 points de base de resserrement, soit une probabilité proche de 76 % d'une hausse de 25 points de base.
La baisse des rendements observée ce matin ne traduit donc pas encore un repricing dovish de la Fed. Le marché réduit principalement sa prime de croissance et recherche la protection des Treasuries.
Fondamentaux et politique
Les démocrates ont remporté le contrôle du Sénat et se rapprochent également d'une majorité à la Chambre. Une victoire dans les deux chambres limiterait la capacité de l'administration Trump à faire adopter son programme budgétaire et renforcerait la surveillance du secteur technologique et des investissements liés à l'IA. Le droit de veto présidentiel limiterait néanmoins les changements législatifs les plus importants.
La réaction initiale est défavorable au dollar : le DXY recule vers 101,5, l'EUR/USD remonte au-dessus de 1,1220 et l'USD/JPY revient sous 158. Les rendements à deux et dix ans baissent également légèrement.
Les données reprendront ensuite la main. Le marché attend l'ADP, l'annonce de refinancement du Trésor et l'ISM Services. Un ISM solide accompagné de prix élevés pourrait rapidement restaurer le soutien des taux au dollar.
Conclusion
Le résultat électoral affaiblit tactiquement l'USD, mais n'annule pas le scénario de hausse de la Fed. La confirmation devra venir d'une baisse durable des rendements et de données américaines plus faibles.
Biais USD
Légèrement baissier à court terme.
EUR — Nagel ouvre la porte à décembre
Politique monétaire
Joachim Nagel estime qu'une hausse de la BCE en décembre est devenue très probablement nécessaire, sauf amélioration significative des perspectives d'inflation. Ce message renforce l'hypothèse selon laquelle la pause d'octobre n'était que temporaire.
L'inflation flash d'octobre constitue désormais le test déterminant. Le consensus attend une accélération autour de 4,0 %, contre 3,8 % précédemment.
Fondamentaux
L'euro bénéficie simultanément de la baisse du dollar et du signal hawkish de Nagel. La détente du pétrole réduit cependant une partie de la pression inflationniste énergétique qui justifie ce resserrement.
La France et l'Italie restent par ailleurs en contraction manufacturière, ce qui empêche de considérer la hausse de l'euro comme une amélioration générale des fondamentaux européens.
Conclusion
Un IPC au moins conforme à 4,0 %, associé à un ISM américain décevant, soutiendrait une poursuite du rebond de l'EUR/USD. Une inflation plus faible ou un rebond des rendements américains fragiliserait rapidement ce scénario.
Biais EUR
Légèrement haussier.
GBP — La BoE doit justifier le pricing
Politique monétaire
Le taux directeur britannique est actuellement de 3,75 %. La Banque d'Angleterre devrait le relever à 4,00 % jeudi, un mouvement presque totalement intégré par le marché.
La décision brute aura donc moins d'importance que le vote, les nouvelles projections et le ton d'Andrew Bailey. La BoE pourrait relever ses taux tout en contestant l'ampleur du resserrement supplémentaire anticipé pour 2027.
Fondamentaux
La livre bénéficie de la faiblesse du dollar et d'un positionnement retail encore majoritairement vendeur. Ce contexte favorise un short squeeze, mais augmente également le risque d'un « sell the fact » après la décision.
Conclusion
La livre reste soutenue avant la BoE, mais une hausse prudente ne suffira probablement pas à prolonger durablement le mouvement.
Biais GBP
Légèrement haussier avant la décision.
AUD — Le marché retient le vote, pas la hausse
Politique monétaire
La RBA a relevé son taux à 4,85 %, mais la décision a été prise par six voix contre trois. La Banque juge l'inflation trop élevée et généralisée, tout en reconnaissant le ralentissement de l'activité, la baisse de l'immobilier et la progression attendue du chômage.
Michele Bullock assume le coût immédiat du resserrement, mais refuse d'indiquer le prochain mouvement. L'absence de guidance et la division du Board renforcent la perspective d'une pause.
Le marché obligataire a retenu cette seconde lecture : les rendements australiens ont reculé et les anticipations de nouvelles hausses ont été réduites.
Fondamentaux
L'AUD/USD reste sous 0,7000 malgré la faiblesse du dollar. Ce comportement relatif confirme que le problème vient principalement du repricing de la RBA et non du billet vert.
Le sentiment prudent entourant les élections pénalise également cette devise cyclique. Une amélioration durable de l'appétit pour le risque ou un nouveau signal hawkish de la RBA serait nécessaire pour inverser le mouvement.
Conclusion
La hausse de taux est consommée ; le marché traite désormais la probabilité d'une pause prolongée. Un retour durable au-dessus de 0,7000 constituerait le premier signal d'invalidation du biais baissier tactique.
Biais AUD
Légèrement baissier.
NZD — L'emploi confirme la prudence
Politique monétaire
La RBNZ maintient un biais de resserrement conditionnel après sa pause surprise à 2,75 %. Les nouvelles données réduisent cependant l'urgence d'une hausse immédiate.
Fondamentaux
Le chômage néo-zélandais a progressé de 5,6 % à 5,7 % au troisième trimestre. Le taux d'emploi a reculé de 66,7 % à 66,4 %, tandis que la hausse annuelle des salaires atteint seulement 2,1 %.
Ces chiffres confirment l'existence de capacités inutilisées et soutiennent les membres de la RBNZ favorables à une pause. Le repricing des taux à deux ans et le positionnement retail très acheteur sur le NZD/USD renforcent la vulnérabilité de la devise.
Conclusion
La faiblesse du dollar limite la baisse immédiate du kiwi, mais ses fondamentaux domestiques restent défavorables.
Biais NZD
Baissier.
JPY — Le yen retrouve son rôle défensif
Politique monétaire
La BoJ conserve une trajectoire de normalisation graduelle. Le 5 novembre, elle publiera le compte rendu de sa réunion de septembre ; le résumé des opinions de la réunion des 29 et 30 octobre paraîtra le 10 novembre.
Fondamentaux
Le yen bénéficie de la baisse du dollar, du recul des rendements américains et de l'incertitude politique. L'USD/JPY est revenu sous 158 après avoir approché 158,70.
La proximité de 160 maintient également le risque d'intervention japonaise. Ce risque plafonne la paire, même si le différentiel de taux demeure largement favorable au dollar.
Conclusion
La combinaison de rendements américains plus faibles et de prudence sur les actions soutient le yen. Un rebond brutal des Treasuries ou du sentiment de risque constituerait le principal risque.
Biais JPY
Légèrement haussier.
CHF — Le refuge le plus propre
Le franc suisse est la devise la mieux soutenue de la séance. Il bénéficie de la prudence électorale, de la faiblesse du dollar et des incertitudes entourant les actifs technologiques américains.
Contrairement au yen, son mouvement n'est pas directement limité par un différentiel de taux aussi extrême. Son faible rendement reste cependant un frein si les marchés retrouvent rapidement leur appétit pour le risque.
Biais CHF
Légèrement haussier.
Alpha du jour
Le scénario le plus cohérent reste une pression baissière sur l'AUD/JPY.
La jambe AUD est fragilisée par le repricing post-RBA, le vote divisé et la perspective d'une pause. La jambe JPY bénéficie du recul des rendements américains, de la prudence électorale et du risque d'intervention japonaise.
Conditions de validation : AUD/USD maintenu sous 0,7000, rendements américains contenus, sentiment actions toujours prudent.
Risques d'invalidation : nouveau repricing hawkish de la RBA, retour marqué du risk-on, remontée des rendements américains affaiblissant le yen.
L'idée secondaire concerne l'EUR/USD, mais uniquement après l'inflation européenne et l'ISM Services. Un IPC proche ou supérieur à 4,0 % et un ISM faible renforceraient la hausse. Le positionnement retail très acheteur impose néanmoins de surveiller un possible balayage sous les plus bas récents avant toute continuation.
Agenda
11h00 Paris — Inflation flash de la zone euro · 14h15 — Emploi privé ADP américain · 14h30 — Annonce trimestrielle de refinancement du Trésor · 15h45 — PMI Services américain final · 16h00 — ISM Services · Jeudi 13h00 — Décision de la Banque d'Angleterre · Vendredi 14h30 — Rapport américain sur l'emploi.
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