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Quotidien · 5 novembre 2026

Alpha Quotidien : Le dollar recule, la BoE prend le relais

La vague démocrate au Congrès américain affaiblit le dollar, les rendements et le pétrole. Mais cette correction n'est pas encore confirmée par les différentiels de taux, qui restent favorables aux États-Unis. La Banque d'Angleterre constitue désormais le principal événement de la séance, avec une hausse à 4,00 % largement anticipée.

Alpha Quotidien : Le dollar recule, la BoE prend le relais
Alam Cheikh

Alam Cheikh

5 novembre 2026 · 12 minutes

USD — Correction politique, pas encore monétaire

Politique monétaire — La Fed maintient sa fourchette à 3,75-4,00 %. Malgré le recul du billet vert, le marché évalue toujours à environ 81 % la probabilité d'une hausse d'au moins 25 points de base en décembre. Le pricing reste donc hawkish et contredit l'idée d'une baisse du dollar provoquée par la politique monétaire.

Le principal obstacle à une correction plus profonde vient des différentiels de taux. Après la chute du pétrole, les taux américains à deux ans ont reculé, mais les taux britanniques, européens et néo-zélandais ont parfois davantage baissé. Une prolongation du mouvement nécessiterait donc des données américaines plus faibles ou un repricing plus accommodant de la Fed.

Fondamentaux internes et géopolitique — Les démocrates ont remporté la Chambre et le Sénat, ouvrant une période de cohabitation avec la Maison-Blanche républicaine. Le marché anticipe une politique budgétaire plus contrainte, davantage de contrôle sur les infrastructures liées à l'IA et une capacité réduite de Donald Trump à poursuivre son agenda militaire et tarifaire.

Les espoirs d'une sortie du conflit iranien ont fait chuter le pétrole de plus de 8 %, ramené le rendement américain à dix ans vers 4,85 % et soutenu les actifs risqués. Pourtant, l'ADP à 86 000 et l'ISM des services à 54,5 montrent que l'économie américaine demeure résistante.

Conclusion — La pression immédiate reste baissière, mais les conditions d'un retournement structurel du dollar ne sont pas encore réunies. Le DXY pourrait se stabiliser autour de 101,00-101,50 avant le NFP de vendredi.

Biais USD

Légèrement baissier.

GBP — La hausse ne suffira pas à elle seule

Politique monétaire — La Banque d'Angleterre devrait relever aujourd'hui son taux directeur de 3,75 % à 4,00 %, probablement par un vote de 7 contre 2. Ce mouvement est largement intégré : la réaction de la livre dépendra surtout du vote, des nouvelles projections et des indications concernant les prochaines réunions.

La BoE fait face à une inflation britannique de 3,5 % et au risque de transmission des prix énergétiques vers les salaires et les services. Cependant, la chute récente du pétrole réduit une partie de ce risque et pourrait encourager la banque à ne pas s'engager sur une série de hausses.

Fondamentaux internes et géopolitique — La livre progresse depuis sept séances et a brièvement dépassé 1,3500 face au dollar. Cette performance reflète principalement la faiblesse du billet vert et l'anticipation de la hausse de taux.

Scénarios — Une hausse accompagnée d'un vote ferme et d'un signal de resserrement supplémentaire soutiendrait une cassure durable de GBP/USD au-dessus de 1,3500. Une hausse présentée comme préventive, suivie d'une pause, favoriserait un « sell the fact ». Un statu quo constituerait une surprise nettement baissière pour la livre.

Conclusion — La barre d'une surprise hawkish est élevée. La décision peut valider les gains récents de la livre, mais le risque de prises de bénéfices domine si la BoE refuse de guider le marché vers de nouvelles hausses.

Biais GBP

Neutre avant la décision.

EUR — Hausse dépendante du dollar

Politique monétaire — L'inflation de la zone euro a accéléré de 3,8 % à 4,0 % en octobre, principalement sous l'effet de l'énergie. L'inflation sous-jacente est restée stable à 2,5 %. Cette composition rapproche la BCE d'une hausse en décembre, sans imposer une intervention urgente.

Klaas Knot, candidat à la succession de Christine Lagarde, défend une ligne hawkish et estime que les effets de second tour pourraient nécessiter des taux plus élevés. Une éventuelle nomination renforcerait le profil monétaire de l'euro.

Fondamentaux internes et géopolitique — L'EUR/USD bénéficie du recul du dollar et de l'allègement de la facture énergétique européenne. Le risque budgétaire français et un différentiel de taux encore défavorable limitent cependant le potentiel au-dessus de 1,1300.

Conclusion — L'euro reste soutenu, mais ne possède pas encore de moteur autonome suffisamment puissant pour transformer son rebond en tendance durable.

Biais EUR

Légèrement haussier.

JPY — La normalisation de la BoJ se confirme

Politique monétaire — Les minutes de la réunion de septembre confirment que plusieurs membres de la BoJ souhaitent poursuivre les hausses de taux. Un membre a même évoqué la possibilité d'accélérer le rythme si les pressions inflationnistes persistent.

Fondamentaux internes et géopolitique — Le yen bénéficie du recul des rendements américains et de la faiblesse du dollar. Le regain d'appétit pour le risque limite néanmoins les flux défensifs, tandis que les niveaux proches de 158-159 sur USD/JPY maintiennent le risque d'intervention sur le radar.

Conclusion — Le changement de trajectoire de la BoJ soutient le yen à moyen terme, mais la baisse d'USD/JPY restera progressive tant que le marché mondial demeure en mode risk-on.

Biais JPY

Légèrement haussier.

CAD — Le pétrole neutralise la faiblesse du dollar

Politique monétaire — Aucun nouveau signal de la Banque du Canada ne modifie la trajectoire anticipée.

Fondamentaux internes et géopolitique — La balance commerciale canadienne, ressortie à 5,4 milliards CAD, constitue une surprise positive. Mais la chute du WTI vers 88 dollars et du Brent vers 95 dollars détériore fortement les termes de l'échange canadiens.

Conclusion — La baisse générale du dollar compense momentanément le choc pétrolier. Le CAD manque d'un moteur directionnel clair avant les chiffres de l'emploi canadien et américain.

Biais CAD

Neutre.

AUD et NZD — Divergence secondaire

La RBA maintient une posture restrictive après sa hausse à 4,85 %, tandis que l'excédent commercial australien a bondi à 2,826 milliards AUD. Les exportations ont progressé de 2,3 % et les importations ont reculé de 3,3 %.

À l'inverse, le chômage néo-zélandais a atteint 5,7 % et la progression annuelle des salaires reste limitée à 2,1 %, réduisant la marge de resserrement de la RBNZ.

Cette divergence favorise relativement l'AUD face au NZD, mais elle reste secondaire aujourd'hui face à la BoE et à la trajectoire du dollar.

Biais AUD / NZD

AUD légèrement haussier — NZD légèrement baissier.

Alpha du jour — La réaction de la livre prime sur la décision

Le scénario principal porte sur la réaction de GBP/USD à la communication de la Banque d'Angleterre, et non sur la hausse de taux elle-même.

Une hausse à 4,00 % est largement intégrée. Le signal haussier nécessitera un vote ferme et une ouverture explicite à de nouvelles hausses. À l'inverse, une hausse accompagnée d'un discours prudent pourrait déclencher des prises de bénéfices sous 1,3500.

Sur le dollar, la correction peut se poursuivre tactiquement, mais elle devra être confirmée vendredi par un rapport sur l'emploi suffisamment faible pour faire reculer les anticipations de hausse de la Fed. Sans cette confirmation, le risque d'un rebond du DXY vers sa zone précédente demeure.

Catalyseurs : décision et vote de la BoE, conférence de presse, rendements britanniques, NFP américain. Invalidation du scénario baissier USD : données américaines solides et remontée du rendement à dix ans au-dessus de 4,90-5,00 %.


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