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Quotidien · 2 novembre 2026

Briefing d'ouverture : les élections américaines prennent le relais

Après une semaine dominée par les banques centrales, les élections américaines de mardi deviennent le principal arbitre du sentiment, suivies par les décisions de la RBA et de la Banque d'Angleterre, puis par le rapport sur l'emploi américain vendredi.

Briefing d'ouverture : les élections américaines prennent le relais
Alam Cheikh

Alam Cheikh

2 novembre 2026 · 12 minutes

La semaine commence toutefois sur une note plus constructive : les actions américaines rebondissent et le pétrole recule fortement sur l'espoir d'une reprise des discussions entre Washington et Téhéran. Cette détente demeure fragile, aucune solution durable n'ayant encore été conclue.

Ce qu'il faut retenir de la semaine dernière

La Fed a maintenu ses taux à 3,75-4,00 %, avec deux dissidences en faveur d'une hausse immédiate. Le communiqué conserve un biais restrictif : l'activité reste solide et l'inflation élevée. Vendredi, Lorie Logan a estimé qu'au moins deux hausses supplémentaires de 25 points de base seraient nécessaires, tandis que Thomas Barkin a défendu une progression graduelle. La pause d'octobre ne signifie donc pas la fin du cycle.

La BCE a maintenu son taux de dépôt à 2,50 %. Elle reconnaît simultanément des risques inflationnistes haussiers et un resserrement des conditions financières susceptible de freiner la croissance. Le message est restrictif sur l'inflation, mais prudent sur l'activité : aucune décision pour décembre n'est préannoncée.

La Banque du Canada a relevé son taux de 25 points de base à 2,50 % afin d'éviter une diffusion plus large du choc énergétique. Elle laisse la porte ouverte à un nouveau resserrement, tout en promettant d'avancer prudemment.

La RBNZ a constitué la véritable surprise : l'OCR a été maintenu à 2,75 % par quatre voix contre trois alors qu'une hausse était largement anticipée. Le comité estime néanmoins qu'un resserrement supplémentaire sera probablement nécessaire si les pressions domestiques persistent.

La BoJ a également maintenu son taux à 1,25 %, par huit voix contre une. Contrairement à la RBNZ, ce statu quo était globalement attendu. Le signal reste toutefois hawkish : la Banque juge désormais l'inflation sous-jacente compatible avec sa cible de 2 % et conserve la perspective de nouvelles hausses.

Le sentiment reste fragile

Vendredi, les inquiétudes concernant la rentabilité des investissements dans l'IA ont provoqué une forte correction : le Nasdaq a perdu environ 2,8 %, Intel près de 31 % et Amazon environ 2 %. Les investisseurs ne remettent pas nécessairement en cause l'IA, mais exigent désormais des résultats proportionnels aux dépenses engagées.

Le piratage de Binance a également pesé sur les cryptomonnaies. La plateforme a confirmé environ 6,3 milliards de dollars d'actifs dérobés et s'est engagée à absorber les pertes. Le FBI a depuis attribué l'attaque à un groupe lié à la Corée du Nord. L'incident représente surtout un risque propre au secteur crypto plutôt qu'un catalyseur macroéconomique global.

Ce lundi, le sentiment se stabilise. Le S&P 500 et le Nasdaq regagnent une partie de leurs pertes, tandis que le Brent recule d'environ 6 % vers 106 dollars sur l'espoir d'une reprise des négociations avec l'Iran. Cette détente ne supprime pas le risque d'une nouvelle escalade après les élections américaines : Washington n'a pris aucune décision finale, mais plusieurs alliés régionaux auraient été avertis de se préparer à cette éventualité.

Une économie américaine encore solide

L'ISM manufacturier d'octobre est passé de 54,5 à 55,5, au-dessus des attentes. Les nouvelles commandes progressent et l'emploi industriel reste en expansion à 52,4. Les prix payés ralentissent de 77,9 à 75,2, mais demeurent suffisamment élevés pour entretenir le risque inflationniste. Ces données renforcent le scénario de nouvelles hausses de la Fed, sans garantir une appréciation immédiate du dollar si les rendements continuent de reculer.

En zone euro, le PIB a augmenté de 0,4 % au troisième trimestre, mais le tableau reste contrasté : l'Allemagne progresse de 0,2 % tandis que la France se contracte de 0,1 %. La confiance des consommateurs s'est parallèlement détériorée en octobre.

Les catalyseurs de la semaine

Mardi 3 novembre — Élections américaines et décision de la RBA. Le marché attribue environ 78 % de probabilité à une hausse australienne de 25 points de base, à 4,85 %.

Mardi soir — Emploi et salaires en Nouvelle-Zélande, déterminants pour réévaluer le calendrier de la prochaine hausse de la RBNZ.

Jeudi 5 novembre — Décision de la Banque d'Angleterre. Une hausse de 25 points de base est presque entièrement intégrée ; le vote et les projections seront donc plus importants que la décision elle-même.

Vendredi 6 novembre — Rapport américain sur l'emploi d'octobre. L'évolution des créations d'emplois, du chômage et des salaires déterminera si le marché maintient son scénario de hausse de la Fed en décembre.

Lecture des devises

USD — Neutre

L'économie et la Fed soutiennent le dollar, mais les flux vers les Treasuries limitent encore la remontée des rendements. Une confirmation au-dessus des récents niveaux de taux renforcerait l'USD ; une nouvelle correction technologique pourrait prolonger sa fragilité.

EUR — Légèrement baissier

La croissance de la zone euro résiste, mais la contraction française, la baisse de confiance et les risques obligataires limitent l'attractivité de la monnaie unique.

GBP — Légèrement haussier, mais exposé aux prises de bénéfices

Une hausse de la BoE est largement intégrée. Pour progresser durablement, la livre aura besoin d'un vote ferme et d'une trajectoire laissant envisager un resserrement supplémentaire.

AUD — Légèrement haussier

L'inflation et la perspective d'une hausse de la RBA soutiennent l'AUD. Le risque principal est une réaction de type « acheter la rumeur, vendre la nouvelle » si la Banque devient prudente après avoir relevé ses taux.

NZD — Légèrement baissier

La pause surprise de la RBNZ continue de peser. Des données d'emploi solides pourraient toutefois restaurer une partie des anticipations de hausse.

JPY — Légèrement haussier

La normalisation de la BoJ et la détente des rendements américains soutiennent le yen. Une remontée des Treasuries ou un retour puissant du risk-on limiterait ce scénario.

CAD — Neutre

La hausse de la BoC apporte un soutien monétaire, mais la chute du pétrole réduit temporairement l'avantage lié aux termes de l'échange.

CHF — Légèrement haussier

Le franc reste une couverture face aux risques électoraux, géopolitiques et français, malgré l'absence d'un avantage de rendement.

Lecture finale

Le marché entre dans la semaine avec deux scénarios opposés.

Le premier est celui d'une détente : transition politique américaine ordonnée, reprise des négociations avec l'Iran, stabilisation technologique et recul du pétrole. Ce scénario favoriserait les actions et les devises cycliques, tout en réduisant la demande de CHF et de JPY.

Le second est celui d'une nouvelle escalade après les élections : tensions politiques, reprise des frappes contre l'Iran et rebond du pétrole. Il renforcerait l'inflation, les anticipations de hausse des banques centrales et la volatilité, sans garantir une hausse uniforme du dollar.

La priorité n'est donc pas d'anticiper le résultat électoral, mais d'observer la réaction simultanée du pétrole, des rendements américains et des actions technologiques.

Les données racontent une histoire. Oracle Alpha vous aide à lire la bonne.


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