La Banque du Japon a relevé son taux directeur de 25 points de base, à 1,25 %, son plus haut niveau depuis 31 ans. Cette décision était largement attendue. La véritable surprise est venue du vote, adopté par sept voix contre deux.

Toichiro Asada et Ayano Sato ont voté en faveur du maintien. Selon eux, l'inflation reste encore insuffisamment soutenue par la demande et les salaires pour justifier une nouvelle hausse. Leur dissidence introduit une dimension plus accommodante et montre qu'un resserrement supplémentaire ne fera pas nécessairement l'unanimité.
Ueda confirme la direction, sans donner la vitesse
Lors de sa conférence de presse, Kazuo Ueda a pourtant confirmé que la normalisation monétaire se poursuivrait. Il considère que l'inflation sous-jacente se rapproche de 2 %, que les pressions deviennent plus persistantes et que les conditions financières restent accommodantes. La hausse des salaires, les coûts du pétrole, la faiblesse du yen et la transmission des prix entre entreprises renforcent également le risque de dépassement de la cible.
Ueda a même déclaré que la politique monétaire était entrée dans une nouvelle phase. Toutefois, il n'a donné aucun calendrier pour les prochaines hausses. La BoJ évaluera chaque décision en fonction de l'activité, de l'inflation et des effets cumulés des précédents relèvements. Elle veut pouvoir agir préventivement si l'inflation menace de dépasser durablement 2 %, sans provoquer de dommages par un resserrement trop rapide.
Les négociations salariales du printemps 2027 seront donc déterminantes pour confirmer que l'inflation peut rester durablement autour de la cible.
Pourquoi le yen baisse malgré la hausse
Le message est finalement hawkish, mais mesuré. La BoJ ouvre la porte à de nouvelles hausses, mais ne valide ni des mouvements consécutifs ni une accélération claire du cycle.
C'est cette prudence qui explique la baisse du yen. L'USD/JPY est remonté jusqu'à environ 157,15, car le marché avait déjà intégré la hausse de 25 points de base et attendait une orientation plus agressive. La décision n'est donc pas accommodante en elle-même : elle l'est surtout par rapport aux attentes particulièrement élevées des investisseurs.
À retenir
La BoJ poursuit sa normalisation, mais le marché voulait connaître la vitesse. Ueda lui a seulement confirmé la direction.
Ce contenu est fourni à titre informatif et éducatif. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni un signal de trading, ni une garantie de résultat.


